Guide LPP 2026 · chiffres vérifiés en octobre 2026

2e pilier (LPP) en Suisse :
rachat, libre passage,
capital ou rente ?

Les décisions qui pèsent le plus sur votre retraite, expliquées simplement : réduire vos impôts par un rachat, placer un libre passage, préparer un départ de Suisse ou choisir entre rente et capital.

Rachat LPP 2026 : pour déduire cette année, le versement doit être effectué avant la fin de l'année — et beaucoup de caisses demandent la demande dès fin novembre.
1,25 %Taux minimal LPP 2026
6,8 %Taux de conversion minimal
≈ 6,75 MrdCHF sur comptes sans contact
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Comment fonctionne le 2e pilier

Le 2e pilier, régi par la LPP (loi fédérale sur la prévoyance professionnelle), couvre la vieillesse, l'invalidité et le décès des salariés. Il est obligatoire dès un salaire annuel de 22'680 CHF (2026).

Vous et votre employeur cotisez chaque mois à une caisse de pension. Ces cotisations forment votre avoir de vieillesse, visible sur le certificat de prévoyance que la caisse vous envoie chaque année. C'est le document de base de toute décision : il indique votre avoir, votre potentiel de rachat et vos prestations assurées.

Chiffres-clés 2026 Seuil d'entrée : 22'680 CHF · Salaire coordonné : de 3'780 à 64'260 CHF (salaire assuré obligatoire jusqu'à 90'720 CHF) · Taux d'intérêt minimal : 1,25 % · Taux de conversion minimal : 6,8 %. Ces minimums s'appliquent à la part obligatoire ; au-delà (surobligatoire), chaque caisse fixe ses propres taux.
Taux minimal 2027 : à surveiller La Commission LPP a recommandé fin août 2026 de relever le taux minimal à 1,75 % pour 2027. La décision revient au Conseil fédéral ; cette page sera mise à jour dès sa publication.

Ce que couvre votre caisse de pension

ÉvénementCe qui se passe
RetraiteRente à vie, capital, ou une combinaison des deux
InvaliditéRente d'invalidité selon le degré d'invalidité
DécèsRentes de conjoint et d'orphelin, parfois un capital
Changement d'emploiL'avoir (prestation de libre passage) suit le salarié
Lacune de prévoyanceRachat volontaire, déductible des impôts
Achat du logementRetrait anticipé ou mise en gage (EPL)
LPP ≠ 3e pilier Le 2e pilier dépend de votre employeur et de sa caisse. Le 3e pilier est une épargne volontaire que vous choisissez vous-même. Les deux se combinent, notamment pour réduire les impôts.

Que pouvez-vous faire de votre 2e pilier ?

Six décisions possibles. Aucune n'est neutre : chacune a un effet sur vos impôts, votre rente ou votre couverture en cas d'invalidité ou de décès.

Racheter des années
Combler une lacune (arrivée tardive en Suisse, temps partiel, hausse de salaire) en versant un montant déductible du revenu imposable.
Levier fiscal
Placer un libre passage
Entre deux emplois, au chômage, en indépendant ou après un départ vers l'UE : choisir l'institution et le mode de placement (compte ou titres).
À optimiser
Toucher une rente
À la retraite, l'avoir est converti en rente à vie. Sur la part obligatoire, le taux de conversion minimal est de 6,8 %.
Sécurité
Retirer en capital
À la retraite (selon le règlement), ou avant dans des cas précis : logement, indépendance, départ hors UE/AELE, petit montant. Imposé séparément du revenu.
Cas précis
Financer son logement
Retrait anticipé (EPL) ou mise en gage pour la résidence principale. La mise en gage préserve les prestations tant qu'elle n'est pas réalisée.
À comparer
Coordonner avec le 3e pilier
Alterner rachats LPP et versements 3a, et échelonner les retraits sur plusieurs années, réduit souvent la facture fiscale.
Stratégie globale

Rachat LPP : réduire ses impôts en renforçant sa retraite

Définition : un rachat est un versement volontaire dans votre caisse de pension pour combler une lacune de prévoyance. Il est entièrement déductible du revenu imposable l'année du versement, dans la limite du potentiel de rachat indiqué par votre caisse.

Qui a souvent une lacune ? Les personnes arrivées en Suisse en cours de carrière, celles qui ont travaillé à temps partiel, interrompu leur activité ou connu une forte hausse de salaire. Chez les frontaliers imposés à la source, la déduction passe par une demande de taxation ordinaire ultérieure (TOU) lorsqu'ils y ont droit.

Les 3 pièges du rachat 1. Blocage de 3 ans : les prestations issues du rachat ne peuvent pas être retirées en capital pendant 3 ans (y compris pour un EPL). Un rachat juste avant un retrait peut faire perdre la déduction.
2. Ordre des opérations : un retrait EPL antérieur doit en principe être remboursé avant de pouvoir racheter.
3. Santé de la caisse : l'argent racheté suit le sort de votre caisse. Vérifiez son degré de couverture et sa rémunération avant de verser un montant important.

Pourquoi échelonner ?

L'impôt sur le revenu est progressif : la déduction est plus rentable quand elle s'applique aux francs imposés au taux le plus élevé. Répartir un gros rachat sur 2 à 4 ans maintient souvent chaque déduction dans la tranche haute.

Exemple illustratifEffet
Rachat de 40'000 CHF en une foisUne partie de la déduction tombe dans des tranches moins taxées
4 × 10'000 CHF sur 4 ansChaque versement est déduit au taux marginal élevé
Rachat la dernière année avant un retrait en capitalDéduction remise en cause (règle des 3 ans)

Libre passage : le capital qui vous suit… ou que vous oubliez

Quand vous quittez un employeur sans en rejoindre un autre tout de suite, votre avoir doit être placé quelque part. C'est là que se perdent le plus de francs.

Où va votre avoir quand vous quittez un emploi ?

Nouvel emploi en SuisseL'avoir est transféré à la caisse du nouvel employeur.
Pas de nouvel employeurVous choisissez un compte ou une police de libre passage (au maximum deux institutions).
Aucune instruction donnéeAprès un délai légal (au plus tard 2 ans), la caisse verse l'avoir à l'institution supplétive LPP.
Ce que beaucoup ignorent Le taux minimal de 1,25 % concerne l'avoir obligatoire dans une caisse de pension. Un compte de libre passage classique, et a fortiori l'institution supplétive, rémunère souvent l'avoir à un taux proche de zéro.

Compte ou titres ?

CritèreCompte de libre passageLibre passage en titres
RendementFaible, souvent proche de 0 %Potentiellement plus élevé, non garanti
RisqueCapital stableFluctuations, perte possible
Horizon adaptéCourt terme, retrait procheLong terme (10 ans et plus)
FraisFaiblesTrès variables : à comparer
Bon à savoir Détenir deux institutions de libre passage permet ensuite d'échelonner les retraits à la retraite, ce qui peut réduire l'impôt sur le capital.

Capital ou rente : comment choisir ?

C'est souvent une décision irréversible. Le délai pour annoncer un retrait en capital est fixé par le règlement de votre caisse : vérifiez-le plusieurs années avant la retraite.

CritèreRenteCapital
RevenuGaranti à vieÀ gérer soi-même, peut s'épuiser
MontantAvoir × taux de conversion (6,8 % minimum sur l'obligatoire)Somme unique, librement placée
Au décèsRente de survivant réduite, pas d'héritage du soldeLe solde revient aux héritiers
ImpôtsImposée chaque année comme un revenuImposé une fois, séparément et à taux réduit ; le rendement futur et la fortune sont ensuite imposés
RisquesPlacement et longévité portés par la caisseRisque de marché et de longévité pour vous
La rente convient plutôt si…vous voulez un revenu sûr, vous avez peu d'autres revenus garantis, vous êtes en bonne santé et ne souhaitez pas gérer de placements.
Le capital convient plutôt si…vous avez déjà des revenus garantis (AVS, immobilier), voulez transmettre, rembourser une hypothèque, ou êtes à l'aise avec les placements.

Départ de Suisse et frontaliers : des règles à part

Ce qui compte n'est pas votre nationalité, mais le pays où vous êtes assuré obligatoirement après votre départ.

🇪🇺 Vers l'UE/AELE (dont la France) Si vous y êtes obligatoirement assuré, la part obligatoire reste en principe en Suisse sur un compte de libre passage jusqu'à l'âge de la retraite. La part surobligatoire peut être versée en espèces.
🌍 Hors UE/AELE L'avoir entier (obligatoire et surobligatoire) peut être versé en espèces sur demande.
💸 Impôt à la source Tout versement à une personne domiciliée à l'étranger subit un impôt à la source, fixé par le canton du siège de l'institution. Lorsqu'une convention de double imposition le prévoit, comme avec la France, cet impôt peut être remboursé sur preuve de la déclaration dans le pays de résidence — qui impose alors le capital selon ses propres règles.

🇫🇷 Cas des frontaliers

Un frontalier cotise à une caisse suisse comme n'importe quel salarié. Les questions se posent quand il change d'emploi, passe à un poste en France ou approche de la retraite :

Emploi en France après la SuisseLa part obligatoire reste en principe bloquée en Suisse : le choix de l'institution de libre passage et du placement devient décisif.
Achat d'un logement en FranceUn retrait EPL est possible pour une résidence principale, y compris à l'étranger, sous conditions.
Retraite en FranceRente ou capital sont imposés en France ; l'impôt à la source suisse se récupère sur demande.

Voir aussi : fiscalité des frontaliers et 3e pilier frontalier.

Avoirs oubliés : la recherche est gratuite

Fin 2025, l'institution supplétive LPP gérait environ 960'000 comptes de libre passage sans contact avec leur titulaire, pour près de 6,75 milliards de francs. Les retrouver ne coûte rien. Guide détaillé : avoirs LPP perdus →

Demandez une recherche
À la Centrale du 2e pilier, avec votre numéro AVS. Elle interroge caisses, institutions de libre passage et institution supplétive.
Contactez les institutions
La Centrale vous indique où sont vos avoirs. Vous les contactez avec une pièce d'identité et votre numéro AVS.
Décidez quoi en faire
Transférer à votre caisse actuelle, regrouper, placer en titres ou retirer si vous y avez droit. C'est là qu'un conseil fait la différence.

Simulateurs 2e pilier

Des ordres de grandeur pour décider s'il vaut la peine d'agir. Un spécialiste affine ensuite avec votre certificat de prévoyance.

Montant du rachat20'000 CHF
Votre taux marginal d'imposition
-
Économie d'impôt estimée
-
Coût net du rachat

Économie = montant × taux marginal, en supposant que tout le rachat est déduit à ce taux. Le montant maximal racheté figure sur votre certificat de prévoyance. Les prestations issues du rachat ne peuvent pas être retirées en capital pendant 3 ans.

Avoir de libre passage80'000 CHF
Horizon avant la retraite10 ans
-
Laissé dormant (0,1 %)
-
En titres (3 % net)
-
Écart potentiel

Hypothèses : 0,1 %/an pour un avoir sans instruction, 3 %/an net de frais pour une solution en titres. Rendement constant, non garanti ; les titres peuvent perdre de la valeur et conviennent surtout aux horizons longs.

Votre situation : quelle action en priorité ?

SituationAction prioritaireQuand
Revenu élevé, lacune sur le certificatPlanifier des rachats échelonnés, en tenant compte de la règle des 3 ansAvant fin 2026 pour cette année
Changement d'emploi sans nouvel employeurChoisir une institution de libre passage et un mode de placementDès la fin du contrat
Anciens emplois, avoirs non suivisRecherche gratuite à la Centrale du 2e pilier, puis regroupementDès que possible
Départ hors UE/AELEDemander le versement, anticiper l'impôt à la source3 à 6 mois avant
Départ vers la France / l'UERetirer le surobligatoire si utile, placer l'obligatoire bloquéAvant le départ
Achat de la résidence principaleComparer retrait EPL et mise en gageAvant la signature
Retraite dans 3 à 10 ansVérifier le délai d'annonce du capital, comparer rente et capital, planifier l'échelonnementMaintenant

4 cas types

Exemples fictifs construits pour illustrer les décisions les plus fréquentes. Chiffres indicatifs.

Cadre, 45 ans, Genève
Arrivée en Suisse à 33 ans. Potentiel de rachat de 120'000 CHF sur son certificat.
Plan4 rachats de 30'000 CHF
Taux marginal estimé≈ 35 %
Économie d'impôt≈ 10'500 CHF / an
Aucun retrait en capital prévu dans les 3 ans suivant chaque rachat
Frontalière, 38 ans, retour à un emploi en France
9 ans en Suisse. Avoir de 145'000 CHF, dont environ 60'000 CHF obligatoires.
Part obligatoireBloquée en Suisse
Part surobligatoire≈ 85'000 CHF versables
Impôt à la sourceRécupérable via la France
Part bloquée placée en titres, horizon de 27 ans
Salarié, 55 ans, Lausanne
Ancien employeur en faillite en 2017. Avoir parti à l'institution supplétive.
Avoir retrouvé≈ 92'000 CHF
Années dormantes7 ans
Écart vs titres à 3 %≈ 20'500 CHF
Transféré à sa caisse actuelle avant le choix rente/capital
Acheteuse, 34 ans, Nyon
Veut utiliser sa LPP pour les fonds propres d'un appartement. Avoir de 84'000 CHF.
Retrait EPL envisagé30'000 CHF
Effet sur la rente≈ –180 CHF / mois
Mise en gagePrestations préservées
Mise en gage retenue, avec une couverture décès vérifiée

2e pilier / LPP : vos questions

Adressez une demande à la Centrale du 2e pilier avec votre numéro AVS : la recherche est gratuite et couvre les caisses de pension, les institutions de libre passage et l'institution supplétive. Elle vous indique où se trouvent vos avoirs ; il vous reste ensuite à contacter ces institutions et à décider quoi en faire. Voir notre guide avoirs LPP perdus.
Très peu. Le taux d'intérêt minimal LPP (1,25 % en 2026) s'applique à l'avoir obligatoire dans une caisse de pension, pas aux comptes de libre passage. Un compte de libre passage classique ou un avoir transféré à l'institution supplétive est souvent rémunéré à un taux proche de zéro. Sur un long horizon, une solution de libre passage en titres peut viser davantage, avec un risque de perte.
Oui, dans des cas précis : achat de la résidence principale (EPL), début d'une activité indépendante à titre principal, départ définitif de Suisse (avec des restrictions vers l'UE/AELE) ou prestation de très faible montant. En dehors de ces cas, l'avoir reste bloqué jusqu'à la retraite. Chaque retrait est imposé séparément et réduit les prestations futures.
La rente garantit un revenu à vie (taux de conversion minimal de 6,8 % sur l'avoir obligatoire) mais se transmet mal au décès. Le capital laisse la liberté et se transmet, mais il faut le gérer et il peut s'épuiser. Le choix dépend de vos autres revenus, de votre santé, de votre famille et de la fiscalité ; une combinaison des deux est fréquente. Le délai d'annonce d'un retrait en capital est fixé par le règlement de la caisse.
Vers un pays hors UE/AELE, tout l'avoir peut être versé en espèces. Vers un pays de l'UE/AELE où vous êtes obligatoirement assuré, la part obligatoire reste en principe en Suisse sur un compte de libre passage jusqu'à l'âge de la retraite ; la part surobligatoire peut être versée. Le versement est soumis à un impôt à la source, qui peut être remboursé si une convention de double imposition s'applique, comme avec la France.
Si vous prenez un nouvel emploi en Suisse, votre avoir passe dans la caisse du nouvel employeur. Si vous travaillez désormais en France, vous êtes assuré en France : la part obligatoire reste en principe bloquée en Suisse sur un compte de libre passage jusqu'à la retraite, seule la part surobligatoire peut être versée. Le choix de l'institution de libre passage et de son placement a alors un impact direct sur votre capital final.
Oui. Un rachat volontaire est déductible du revenu imposable l'année du versement, dans la limite du potentiel de rachat indiqué par votre caisse. Après un rachat, les prestations qui en résultent ne peuvent pas être retirées en capital pendant 3 ans. Répartir les rachats sur plusieurs années augmente souvent l'économie d'impôt. Pour une déduction en 2026, le versement doit être effectué avant la fin de l'année.
Oui, par un retrait anticipé (EPL) d'au moins 20'000 CHF, possible tous les 5 ans, ou par une mise en gage. Le retrait est imposé séparément et réduit définitivement les prestations de vieillesse, et souvent la couverture invalidité et décès. La mise en gage préserve ces prestations tant que le gage n'est pas réalisé. Voir aussi notre guide hypothèque.
En devenant indépendant à titre principal, vous pouvez demander le versement de votre avoir (en général dans l'année qui suit le début de l'activité), le laisser sur un compte de libre passage ou vous assurer à titre facultatif. Sans caisse de pension, le plafond du 3e pilier a passe à 20 % du revenu, au maximum 36'288 CHF en 2026.
La part obligatoire suit les minimums légaux : taux d'intérêt minimal de 1,25 % en 2026 et taux de conversion de 6,8 %. La part surobligatoire correspond à ce que la caisse assure au-delà ; elle y fixe librement ses taux. La distinction compte surtout pour la rente et pour un départ vers l'UE/AELE.

Faites le point sur votre 2e pilier

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Responsabilité éditoriale et sources

Rédaction ConseilPiliers.ch Contenu rédigé et vérifié par un conseiller en prévoyance inscrit au registre des intermédiaires d'assurance FINMA. Dernière vérification des chiffres : .
Ce guide est informatif. Il ne remplace pas un conseil personnalisé : les règles varient selon le règlement de chaque caisse et votre situation.

Sources

  • Taux minimal 2026 (1,25 %), seuils et salaire coordonné : Conseil fédéral et Office fédéral des assurances sociales (OFAS), chiffres-clés de la prévoyance professionnelle 2026.
  • Recommandation 2027 (1,75 %) : communiqué de la Commission fédérale LPP du 31 août 2026.
  • Taux de conversion (6,8 %) : art. 14 LPP.
  • Comptes sans contact : données de l'institution supplétive LPP à fin 2025.
  • Libre passage et avoirs oubliés : loi sur le libre passage (LFLP) et Centrale du 2e pilier (Fonds de garantie LPP).
  • Rachat : art. 79b LPP (déduction, blocage de 3 ans). EPL : art. 30a à 30g LPP.
  • Départ vers l'UE/AELE : art. 25f LFLP et accord sur la libre circulation des personnes.